CFI

Musicien exilé en France, Pedro Kouyaté retrouve pour un court séjour sa ville natale, Bamako. Ce voyage lui permet de s’immerger dans le quotidien de la ville et de renouer avec la source de son inspiration.

Il retrouve ceux qui furent ses maîtres de musique et partage l’intimité de leur recherche musicale. Dans les maquis, les réunions familiales, Pedro reprend, pour un temps, son rôle de griot musicien.

La musique, omniprésente, les mouvements et sons produits par l’activité quotidienne se mêlent et s’entrecroisent dans un jeu permanent pour constituer, une fois rassemblés, le carnet intimiste et impressionniste de ce voyage.

Daphné Bitchatch

Le film “Foly” de Sophie Comtet Kouyaté sillonne le voyage. Il revient. De l’ombre intérieure, aux silences venus de loin, en voix off de poésie, nous appelle à une traversée, nous rapprochant d’un cœur palpitant, d’un « maintenant » d’une ville : Bamako, d’un pays : le Mali.

Hermine Delacroix . Hotel Particulier Montmartre

Le titre les « Dyonisiennes » donné aux habitantes de St-Denis, est un titre statutaire qui nous plonge directement au cœur du mythe et de l’histoire.

En donnant à ces femmes l’occasion d’incarner et de représenter les modèles des peintures classiques, Sophie Comtet Kouyaté les sort de leur quotidien pour faire jaillir le sublime. Les soieries, broderies, dorures et autres marbres et bijoux ne sont que prétextes à la découverte d’une âme cachée, agissants comme révélateur de leurs vertus intérieures ternies par une représentation sociale stéréotypée. Le dispositif imaginé par l’artiste, vraie mise en scène, met en place un jeu de miroir qui a vocation à confronter les images représentées passées et actuelles, plus qu’à flatter une ressemblance ou un traité esthétisant. Les modèles se prêtent volontiers au jeu en adoptant naturellement les poses royales et magnanimes de ces femmes sublimes, allant jusqu’à s’investir personnellement dans la création. Et c’est ce moment où l’appropriation a lieu que l’artiste choisit de saisir.

Car, ce qu’incarnent mieux que quiconque ces Dyonisiennes, sont les questionnements sur le statut de la femme à travers les âges et les cultures. On est finalement conquis par leurs attitudes héroïques qui bravent les mentalités crasses de la société moderne.

Sophie Comtet Kouyaté est une artiste du subtile qui grâce à ses mises en scène révèle la dignité intérieure de ses modèles, et sait dans le même mouvement engager la responsabilité du spectateur. Elle donne finalement à ces femmes une occasion rêvée de s’approprier histoires et mythes de leur terre d’élection, et de réinvestir leur rôle social, en tant que femme moderne, consciente de leur héritage, pour mieux décapiter les préjugés. »

Gérard Lefort. Libération

… Cette façon de nous accueillir dans une histoire, des couleurs ; des bruissements (remarquable travail sur la bande son), avec des acteurs tous sensationnels, et de nous laisser en plan au moment où on aurait envie, paresseux ou paniqué, que le film fasse tout le travail. Or nous voilà, excitation rare au cinéma, à finir le travail entamé à mi-chemin de l’imaginaire.

Jean Michel Frodon . Le Monde

L’enregistrement déroutant et stimulant, des traces lumineuses et sonores d’un corps lancé à travers Paris. (…)

Plutôt que des solutions, elle enregistre ce qui résiste, ce qui grince, ce qui se heurte, et les Bruits du titre sont loin d’être seulement sonores : ce sont les traces enregistrables de cette présence physique furibarde et ironique au milieu du monde. (…) Sophie Comtet compte sur le mouvement pour rendre perceptibles les sentiments…

Cahiers du cinéma

…Un morceau de vie fait d’errances magnifiquement éclairées dans les scènes de nuit. La mise en scène, avec un sens inné et naturel du cinéma, est toujours cohérente avec le propos et le sens de l’histoire.

Lyon poche

… On quittera l’univers de ces « bruits de la ville » séduit et bousculé par une façon de montrer la vie devenue très rare sur les écrans…